Coco la factrice livraison suspect
Dans la petite rue de pierres, il est 10h12. C'est l'heure de Coco.
Coco, tout le monde l'appelle comme ça. Officiellement c'est "Mme Colette, factrice", mais depuis 15 ans qu'elle fait crisser son vélo jaune La Poste dans la rue, les anciens l'ont rebaptisée "Mme Cocoi".
Ce matin, problème. Depuis 2 heures, il y a un truc qui fait BZZZZZ dans sa sacoche arrière.
Au début elle a cru que c'était son vélo électrique qui rendait l'âme. Puis son téléphone. Puis elle a pensé aux piles de son bip de tournée.
Arrivée au numéro 12, avec ses deux géraniums roses nickel, elle tend le petit colis marron à sa cliente préférée, Mme Lucette, 84 ans, pull bleu ciel et sourire malicieux.
Et là, Coco lâche, mi-sérieuse mi-taquine :
"Il faudra changer les piles, il vibre depuis 2 heures !"
Mme Lucette attrape le colis à deux mains, comme un trésor, et répond tout sourire :
"Merci Mme Cricri, c'est mon mixer !"
Silence. Blanc. Puis les deux éclatent de rire.
Coco comprend que ce n'est pas son vélo qui buggait. C'est le godemichet de Mme Lucette qui s'est allumé tout seul pendant le transport.
Mme Lucette, elle, est ravie. "Parfait, il marche bien alors ! Cet aprem je vais l'essayer.
Et Coco est repartie sur son vélo jaune, soulagée, en se disant que décidément, au 12, on ne s'ennuie jamais. La prochaine fois, elle vérifiera les colis avant de soupçonner son vélo.
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